La poudre aux yeux

C’était le souffle encombré
Des roches dans les bronches
Mises en travers de l’hiver
Le souffle encombré
Vibrant encore comme l’été
Chuchote sur les champs de blé

C’était la voix qui se voile
Se brise aux éclats
De quelques rires dans le froid
La voix qui se voile
Mais chante encore dans les cœurs
Où couvent les braises d’un baiser

Vivre, autant que l’on peut… Vivre
Autant que l’on est… Libre
Autant de petits gouffres
Encore encore

C’était les muscles en tension
Le corps qui s’accorde
Pris de secousses en coulisses
Les muscles en tension
Cédant encore aux élans
Allant dès lors aux délices

C’était les yeux poudrés d’or
La nuit sous le fard
Et ses paillettes en mémoire
La poudre aux yeux dort
Mais flambent encore dans nos cœurs
Ceux qui nous offrent un regard

Vivre, au temps où l’on peut… Vivre
Au temps où l’on est… Libre
Au temps des petits gouffres
Encore encore encore

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